LES MILIEUX NATURELS DE LA RESERVE NATURELLE DES RAMIERES

Falaises de Chabrillan en mai 2000, photo ©J.M. Faton
La réserve naturelle a pour vocation de protéger des habitats naturels fluviaux, une faune et une flore exceptionnelle
INFORMATIONS GENERALES
Pour en savoir plus : description des habitats naturels
Lors de la création de la réserve naturelle en 1987, les connaissances sur le fonctionnement de lhydrosystème étaient très partielles, voire erronées. Les inventaires ne concernaient que les vertébrés et une partie seulement de la flore.
Une part importante du travail du gestionnaire de la réserve a été consacrée à parfaire la connaissance du site. Des inventaires et des suivis ont été réalisés par le personnel et les sympathisants bénévoles de la réserve, une partie a fait appel à des partenaires venus de lextérieur (Associations naturalistes, universitaires, organismes publics
) etc. La réserve a toujours cherché à conforter les partenariats, soutenir le travail des scientifiques dans la réserve et archiver les informations brutes issues de ces recherches.
Le champ dinvestigation des sciences de la nature est immense. Il est à la fois impossible de travailler sur tous les sujets et de faire la synthèse de toutes les connaissances acquises. Ce document se limitera donc à faire le point sur les sujets qui apparaissent devoir être pris en compte et peser sur la gestion du territoire protégé de la réserve naturelle. La priorité est donnée à la conservation des habitats naturels alluviaux et des espèces caractéristiques de ces habitats
La bibliographie naturaliste du site des Ramières est maintenant assez fournie, voir chapitre IV. Elle illustre parfaitement la diversité des travaux qui ont été menés depuis 14 ans.
Jusquà présent, il nexiste pas de synthèse des connaissances naturalistes sur la réserve. Ce travail vise donc à combler cette lacune. Ceci est dautant plus utile que certains aspects des richesses de la réserve restent assez méconnus et nont fait lobjet ni dune publication ni dun rapport détude.
La principale particularité de la réserve des Ramières doit être définie ici : Tous les habitats naturels méritant une action de conservation sont ici liés à lhydrosystème de la plaine alluviale de la rivière Drôme. Le maintien ou le développement des espèces « patrimoniales » dépend avant tout de la bonne santé et dune gestion équilibrée et durable de lhydrosytème.
À l'état naturel, la rivière Drôme est un cours d'eau à forte charge de fond, typique des piémonts sub-méditerranéens. Son originalité tient à plusieurs caractéristiques : cours d'eau en tresses d'une longueur assez rare (110 km) pour les Alpes occidentales, absence de grands aménagements, fonctionnement hydrologique non perturbé, valeur écologique exceptionnelle de certains secteurs. Au total, par ses caractères paysagers, floristiques et faunistiques, la rivière et ses affluents contribuent à faire de la vallée un site remarquable aux potentialités tout à fait exceptionnelles. (LANDON 1999 2).
Trois grands types dhabitats naturels couvrent le territoire de la réserve. Bien que liés aux mêmes conditions imposées par lhydrosystème capricieux de la rivière, les caractéristiques de ces habitats sont sensiblement différentes :
1 Les milieux aquatiques (au sens large),
2 Les forêts
3 Les prairies.
Lévaluation écologique de cette gestion repose depuis la directive NATURA 2000 de 1992 sur le principe de « létat de conservation » si possible « favorable » dans un espace protégé. voir définition ci-dessous.
Les inventaires, les suivis et les travaux de recherche doivent être rendus public ; Les objectifs du plan de gestion (BERTRAND, 2000-2) rappellent quil faut « faire parler les données » auprès de 3 types dutilisateurs qui sont les scientifiques, les techniciens et enseignants et le grand public
La tâche est difficile ; lune des missions de la réserve est certainement dassurer la diffusion des informations naturalistes qui la concernent.
Définition des termes
Pour qualifier de favorable l'état de conservation d'une espèce, plusieurs éléments sont à prendre en compte :
- L'évaluation du niveau de vulnérabilité de l'espèce, basée sur le calcul d'un indice effectué à partir d'une grille de critères comme l'estimation des effectifs pour une aire biogéographique donnée, l'évolution de ces effectifs et de leur distribution, la fragilité intrinsèque des populations ;
- L'évaluation des menaces pesant sur l'espèce, leur impact, leur durabilité et leur réversibilité.
Il faudra donc analyser les tendances évolutives réellement constatées et ne pas se baser seulement sur une simple évaluation des menaces
De plus la notion d'état de conservation d'une espèce est à rattacher obligatoirement à une aire biogéographique ou administrative donnée. L'état de conservation d'une espèce ou d'une population est considéré comme favorable lorsque la répartition et les effectifs de cette espèce ou de cette population (reproducteur ou hivernant) sont conformes aux caractéristiques biologiques de l'espèce ainsi qu'aux potentialités d'accueil des milieux présents dans cette zone.