Faune Flore Milieux Géologie

LA FLORE DES RAMIÈRES

La réserve naturelle a pour vocation de protéger des habitats naturels fluviaux, une faune et une flore exceptionnelle.

Les inventaires réalisés ici sont le fruit du travail des naturalistes, professionel et surtout amateurs bénévoles, qui parcours les sites naturels du Val de Drôme à longueur d'année. Vous pouvez, vous aussi, contribuer à l'alimentation de notre base de données sur la faune et la flore en nous envoyant vos propres observations.

D'avance merci : Jean-Michel Faton

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Texte de la communication sur l'ambroisie présentée au "Forum du gestionnaire" en mars 2007.


Autres information sur l'ambroisie :

Premiers résultats d'un test de pâturage ovin pour lutter contre la floraison de l'ambroisie dans la réserve naturelle des Ramières (Drôme)

Jean-Michel FATON, conservateur de la Réserve Naturelle des Ramières et Stéphanie D'ADAMIO, étudiante en BTS Gestion et Protection de la Nature. (novembre 2005)

SUJET : L'ambroisie - Ambrosia artemisiifolia L dans la réserve naturelle et son environnement : diagnostic et propositions d'actions concernant les habitats naturels.

Résumé

La Communauté de Communes du Val de Drôme (CCVD), gestionnaire de la réserve naturelle nationale des Ramières, est engagée dans des actions de lutte contre l'ambroisie. Les travaux des années précédentes ont concerné l'étude de sa biologie, de sa répartition au niveau local et de diverses méthodes de lutte : arrachage, brûlage, pâturage. Concernant, le pâturage, les premières expérimentations ont montré que les vaches et les moutons avaient une action efficace pour limiter le développement de l'ambroisie dans les habitats naturels où tout autre méthode de lutte semble peu efficace. Selon nos observations et les témoignages recueillis, la plante ne semble pas avoir d'impact néfaste sur la santé des animaux et la qualité des produits. Il convient cependant de fixer les modalités et le cahier des charges de telles actions de pâturage pour pouvoir maîtriser l'impact sur le milieu et les espèces patrimoniales et contrôler le risque de dissémination des graines d'ambroisie par le bétail. L'objectif du programme 2005 a été de tester le pâturage par les ovins sur le territoire de la réserve naturelle. Un banc de galets d'1,5 ha a été pâturé à trois reprises en juillet et août.
Les principaux résultats sont les suivants :
o La zone pâturée en aval du pont d'Allex est un banc de galets très favorable à l'ambroisie ,la végétation étant dominée par les plantes annuelles. Le pâturage d'une journée, répété 3 fois en juillet et août, a permis de réduire la hauteur de l'ambroisie de 95%. Dans cette zone pâturée la production de pollen a été négligeable.
o Pour la zone en amont du pont, le banc de galets dominé par les plantes bi-annuelles, le pâturage sur ces zones est un peu moins efficace que dans les zones à plantes annuelles.
Ces résultats encourageants nous permettent d'espérer une extension de cette expérience sur une zone plus vaste. Cette action pourrait être accompagnée d'une évaluation zootechnique, économique et sanitaire en 2006.

Description du programme 2005 :

Notre objectif pour l'année 2005 a été de tester les effets du pâturage ovin pour limiter le développement et la floraison de l'ambroisie dans le lit de la Drôme, conformément au plan de gestion de la réserve naturelle des Ramières.
o Calendrier du test :
Trois interventions entre le 10 juillet et le 20 août 2005
o Moyens mis en œuvre :
L'éleveur, M. MANDAROUX a mis en pâturage 70 jeunes brebis sur un banc de galets d'environ 1,5 hectare de la Réserve Naturelle des Ramières et cela à trois reprises à la mi-juillet, au 1er août et 20 août. La durée de la présence des animaux sur ce site, déterminée en fonction de l'état de la végétation, a été de 2 journées à chaque fois.
Le transport, le chargement, le déchargement et la mise en place des bêtes dans la parcelle ont été assurés par l'éleveur qui s'est engagé également à installer les clôtures nécessaires au parcage des animaux.
La Communauté de Commune du Val de Drôme (service de la réserve naturelle) a assuré une surveillance complémentaire des animaux (et de la clôture) de manière régulière chaque jour.
La Chambre d'Agriculture de la Drôme, représentée par M. Jacques BENOIT, technicien de l'antenne de Crest, a été sollicitée pour produire une première évaluation zootechnique à la fin de cette expérimentation.
o Lieux de l'expérience :
C'est un grand banc de galets de 1,5 ha situé en amont du pont d'Allex dans la réserve naturelle des Ramières qui a été choisi. Cet endroit a semblé bien convenir car il est facilement accessible par le troupeau et le pont constituera un coin d'ombre pour les animaux. De plus, ces derniers ont bénéficié de l'eau de la rivière Drôme.
o Contrainte écologique :
Pour éviter de déranger la reproduction des oiseaux qui nichent sur ce même banc de galets (petit gravelot, bergeronnette grise…) le pâturage n'a commencé qu'après l'envol des jeunes gravelot (date moyenne estimée vers le 20-30 juin).
o Personnes associées au travail :
Stéphanie D'ADAMIO, stagiaire de la Réserve.
Jean-François DURAND, vice-président de l'association ADPUR.
Bernard MANDAROUX, éleveur à Vaunaveys la Rochette.
Jacques BENOIT, chambre d'agriculture de Crest.

Description des habitats naturels concernés :

Dans la réserve naturelle, les groupements concernés par l'invasion de l'ambroisie sont des habitats pionniers du lit vif de la rivière Drôme. Ces groupements comprennent le lit mouillé de la Drôme et les bras secondaires. La végétation s'installe dans le lit mineur sur les bancs de galets et de sables. Ces milieux sont sans cesse remaniés par les crues qui apportent des éléments fins permettant le semi de végétaux pionniers qui favorisent alors la sédimentation des sables. Les espèces typiques des milieux graveleux de la réserve sont des plantes annuelles : Polygonum persicaria (la renouée), Bidens frontosa (le chanvre d'eau) et Ambrosia artemisiifolia (l'ambroisie). Parmi les espèces compagnes, on peut citer de nombreuses herbacées telles que Xanthium strumarium, Echinochloa crus-galli, Daucus carota, Lythrum salicaria, Plantago lanceolata, Chenopodium album, Arabis turrita, Brassica oleracea, Reseda lutea, Reseda phyteuma, Artemisia vulgaris, Alyssum allyssoides, Echium vulgare, Tussilago farfara, Artemisia verliotorum, Solanum dulcamara, Melilotus alba.
Au plus prés de l'eau, les bancs sont colonisés par des plantes annuelles. L'espèce dominante de cet habitat est Ambrosia artemisiifolia. La hauteur et la granulométrie déterminent l'état hydrique qui varie de « sec » à « humide » . La même espèce peut avoir un développement et un recouvrement très variable selon les conditions stationnelles.
Les bancs de galets les plus élevés et protégés des crues de l'année voient se développer une végétation bi-annuelle parfois ligneuse. Melilotus albus et Artemisia vulgaris forment des landes clairsemées sur les bancs les plus secs alors que les bancs humides sont envahis par les ligneux pionniers dominés par le peuplier noir, composés de 12 salicacées et de 2 aulnes. Les dépôts soumis à la submersion, mais situés dans une zone protégée à l'aval d'un banc de galets ou par un embâcle de bois flotté, permettent l'accumulation d'éléments fins (argiles, limons). Ceci accroît la fertilité et permet l'implantation d'un grand nombre de plantules de peuplier noir. Les saules peuvent s'implanter dans les parties limoneuses du réseau de tressage à condition que ces milieux restent toujours humides.
Les espèces les plus fréquentes sont Salix purpurea, Salix elaeagnos, Salix triandra et Salix alba.

Figure 1 : Recouvrement moyen des types d'habitats dans la bande active de la Drôme (Réserve des Ramières), relevé sur 5 transects dans le lit de la Drôme au Rouet, commune de Eurre en juillet 2005.

Résultats :

Sur les bancs de galets« annuels », l'ambroisie est 4 fois plus développée (hauteur moyenne de 1 m.) que sur les bancs de galets « bi-annuels » (hauteur moyenne de 25 cm, figure 2). La concurrence d'autres plantes présentes avant la germination de l'ambroisie est certainement responsable de cette différence de développement
L'ambroisie est une plante très appréciée par les moutons. Sur les bancs « annuels, le pâturage s'est montré très efficace pour réduire la taille des pieds d'ambroisie. Trois paramètres ont été étudiés : hauteur de l'ambroisie, nombre de ramifications, taille des inflorescences, sur les deux zones pâturées et dans 3 exclos pâturés 2 fois, 1 fois et 0 fois. Début septembre, les résultats sont très positifs dans les zones pâturées 3 fois (voir figure 2). Dans les zones non pâturées, l'ambroisie est très dense (plus d'un mètre de hauteur avec un recouvrement quasiment monospécifique) alors que dans les zones broutées, l'ambroisie n'est que relictuelle. Dans la zone pâturée, les pieds qui restent sont d'une taille inférieure à 10 cm et les inflorescences sont très réduites. Dans les zones seulement pâturées en juillet ou début août, les pieds d'ambroisies « abroutés » ont connue une bonne reprise après les pluies du mois d'août. Il apparaît donc que la dernière séance de pâturage est particulièrement importante pour contrôlée la plante avant sa floraison..

Figure 2 : Histogramme permettant de comparer le développement de l'ambroisie dans les zones non pâturées (protégées par des exclos) et dans les zones soumis au pâturage des moutons.

Figure 3 : Aout 2005 , pied d'ambroisie brouté.

Conclusion

La Communauté de Commune du Val de Drôme, en partenariat avec l'ADPUR, a pu mener un test original de pâturage de l'ambroisie dans un espace naturel où tous les autres moyens de lutte se sont révélés inefficaces. Cette opération doit se faire dans le cadre d'un cahier des charges précis pour limiter son impact négatif sur le milieu et optimiser sont efficacité. Les acteurs locaux de la réserve naturelle ont suivi cette opération et sa poursuite à plus grande échelle est envisagée en 2006. Ce test devra être accompagné d'une évaluation zootechnique et sanitaire associant des professionnels agricoles.



Figure 4 : Photos d'août 2005 : avant et après le passage des brebis (au centre du banc de galets, l'exclos témoin non pâturé) ©J.-M. Faton - CCVD


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